AnozeurBlog

Un autre blog : la chronique à jojo.

08 mars 2009

Epingle

Ca fait maintenant plus de 6 mois
qu'elle a carbonisé le coeur à jojo.

Il pourrait l'appeler,
mais comme il sait
qu'il n'y a rien à partager,
il ne faut pas
qu'il essaye de la revoir:
il devrait l'oublier.
D'ailleurs il l'oublie
- un peu -
mais c'est si long.
Et s'il la revoyait,
il serait bon,
pour une nouvelle carbonisure.

---

C'est comme
un insecte
épinglé sur un carton;
ses pattes s'agitent
en mouvements dérisoires
et de plus en plus lents;
un insecte inutile
qui se débat
en silence.

On peut s'amuser
de voir souffrir
cet insecte.
On peut aussi penser
qu'il est ridicule.

On peut aussi
s'en détourner
et l'écraser sous sa chaussure.

Posté par anozeurblog à 22:10 - Jojo - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 décembre 2008

Chapitre 2 : la pâte à monstres

Jj aussi devait se préparer pour la fête au village, parce que c’était obligatoire et aussi parce qu’il avait envie d’y aller. En général quand c’était obligatoire, il n’avait pas envie d’y aller. Jj avait bien remarqué que le monde était mal fait et que, quand les choses étaient obligatoires, c’était souvent des choses qu’on avait pas envie ; alors que si le monde serait mieux fait, les choses obligatoires seraient des choses qu’on a envie. Mais là c’était bien parce que surtout il avait envie d’y aller ; mais c’était quand même dommage que ce soit obligatoire parce que du coup ça le rendait un peu nerveux. Et quand Jj est nerveux et que les choses sont obligatoires il fait souvent des fautes de grammaire.

En plus il allait y avoir beaucoup de monde. Jj pensait que c’était pour cela que c’était obligatoire d’y aller : parce que quand il y a du monde les gens n’aiment pas y aller, alors ils n’y vont pas et il n’y a pas de monde ; mais alors si il n’y a pas de monde, alors les gens y vont parce qu’ils ont envie d’y aller. Et après Jj ne comprend pas parce que s’ils y vont il y a du monde et alors ils n’y vont pas, et sa tête commence à exploser. Alors il croit que c’est pour ça que c’est obligatoire : les gens y vont et il n’y a plus de question.
Mais en fait c’est obligatoire parce que le monde d’Oeoue ne tient qu’à un fil, et ce fil c’est que tous les gens du village doivent s’entendre et rester ensemble. Et un des brins du fil, c’est Oeoue, et un autre brin du fil c’est la fête au village.

Mais souvent aussi les gens ça ne les dérange pas forcément quand il y a du monde (et de toute façon le monde de Oeoue c’est un petit monde).
Mais Jj si. Jj lui, il avait peur du monde. Alors tout ça le rendait nerveux.
Quand Jj se sent nerveux, il dort – pour s’échapper. Ca ne marche pas toujours.
Quand Jj se sent très nerveux il doit faire quelque chose qui fait qu’il oublie qu’il est nerveux, comme se balancer en avant-arrière, ou faire un puzzle de 350000 pièces.
Quand Jj se sent très très nerveux, il va bidouiller dans son appenti-abri-colage, et là il faut savoir qu’il y a très longtemps, Jj était artisan en notes de m’zique. Je vous l’ai pas dit au chapitre 1, mais là c’est important. C’était une époque ou les notes de m’zique n’étaient pas encore électroniques. Il fallait les fabriquer à la main, une a une. Vous pensez le travail pour une symphonie ! Il n’y avait pas non plus d’enregistrement, et donc la m’zique devait être fabriquée pour chaque concert, chaque note autant de fois que de spectateurs. Alors c’était tellement long que les artisans de m’zique avaient une horloge spéciale qui s’arrêtait quand il travaillaient sinon ils seraient mort de vieillesse avant la fin du premier mouvement. C’est aussi pour ça que le très longtemps de Jj n’est pas le même que notre très longtemps à nous.

Dans son appenti Jj a laissé faire ses mains : des blanches des noires des croches, des rondes et des carrées, tout ça en dièse et en bémol sur toute la gamme. Comme son horloge marchait toujours, elle a pu s’arrêter, alors que si elle ne marchait plus elle ne se serait pas arrêtée et comme ça lui aurait pris 134 ans, il y serait encore.
Mais là, l’horloge s’est arrêtée et il a pu finir à temps pour la fête au village. Et sa tête était calmée.
La seule chose, la seule petite chose, toute petite chose qui n’allait pas, c’est que sa tête était ailleurs ; et par inadvertance Jj a pris de la pâte dans un boite à oubli.
On ne peut pas savoir ce qu’il y a dans une boite à oubli. On ne peut pas savoir que c’était de la pâte à monstre, et pas de la pâte à musique. On ne peut pas savoir parce qu'on a oublié. Si on savait ce qu'on a oublié, c'est qu'on ne l'aurait pas oublié, pardi ! Alors Jj forcément quand il a mis les notes dans sa poche il ne savait pas.

Et comment nous on le sait ? Et ben on ne le sait pas non plus. Je vous l'ai dit plus haut qu'on ne peut pas savoir ce qu'on a oublié, mais vous ne suivez pas, malheur de malheur.
Ou alors c'est que vous ne me croyez pas et il n'y a rien de plus triste qu'une histoire à laquelle on ne croit pas, parce que alors l'histoire meurt.
Alors, croyez moi : on ne le sait pas, on ne se méfie pas, et ça va être un drôle de surprise au chapitre 4 et au chapitre 8 peut-être aussi (je suis pas encore sur).

Voila; bonne nuit quand même.

Posté par anozeurblog à 23:48 - L'histoire d'Oeoue - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 novembre 2008

Chapitre 1 bis : Qui c’est qui / lui

Jj n’avait pas les cheveux rouges et c’était leur couleur naturelle.
Jj, c’était juste un bonhomme. Il habitait une maison en bordure d’un vieux chemin de terre pas très loin du village.
Certains parfois, les gens passaient devant et disait « bonjour Jj, ça va ? ». Lui il savait qu’il devait répondre quelque chose, alors il disait « oui », et après cette conversation passionnante il retournait à ses occupations.
D’autres parfois, les gens passaient devant et pensaient « cette vielle maison inhabitée ne sert à rien. Il faudrait y construire une autoroute ».
D’autres parfois encore, il n’y avait pas de maison du tout et c’était bien aussi : comme ça les gens ne pensaient pas aux autoroutes.

Oeoue, elle, n’avait pas de pensées automatiques. On ne pouvait jamais savoir ce qu’elle allait penser ou dire ou faire ou dessiner ou musiquer. C’est pourquoi l’histoire ne peut pas dire ce qui se passait dans sa tête.
Quand, longtemps après les évènements, on a demandé au bzr ce qui s’y passait, il a juste répondu « ça dépend ». Et comment croire avec certitude le bzr ? parce que dans la tête du bzr, il y a aussi un sacré bazar.

Néantenmoins, quand on prend en photo la maison de jj, on voit une autoroute ; sauf sur une seule photo, celle ou Oeoue passe devant ; sur la tête de Oeoue il y a une bulle de BD, et dans la bulle il y a la Lune.
Donc, même si on peut penser qu’elle pense à la Lune – pour pas qu’elle se dégonfle --  comme ça dépend (d’après le bzr), on ne peut pas savoir.
De toute façon, l’instituteur dit que c’est l’appareil photo qui est défectueux.
Jj, lui, il dit que quand Oeoue passe devant sa maison, ce qui compte c’est que lui il se met à penser à elle, et que ça le change. Il dit aussi qu’il lui demande comment ça va, mais que comme elle est dans la Lune, même si elle répond pas, il pense que ça va bien.
L’instituteur il répond que si elle est dans la Lune, c’est pas sûr que ça aille bien. Ça dépend si elle est bien lunée ou si elle est mal lunée.

Mais quand même c’est vrai que Jj il pensait plutôt carré alors que Oeoue elle pensait plutôt rond. Et ça c’est plutôt embêtant parce que l’instituteur il dit aussi que passer du carré au rond, c’est pas facile. Mais personne ne comprend ce qu’il veut dire par là. Tant pi.

Mais aussi, quand on voit les photos de Jj, on voit qu’il pense pas vraiment carré ; on voit surtout qu’il y a des trous dans ses pensées et qu’elles ne sont pas complètes. Et le problème quand on a des trous dans ses pensées c’est que les autres pensées tombent dedans et qu’à la fin il ne reste plus grand-chose. Et si ce sont des pensées noires ça fait un grand trou noir sans plus rien autour.
Donc Jj dans cette histoire il prend un gros risque, parce que c’est pas vraiment le héros qui va tout gagner. Ça fait partie des risques du métier de Jj : il est héros, mais c’est rien qu’un héros de seconde zone. Mais avant de le prendre dans l’histoire de Oeoue, il m’a quand même dit qu’il était motivé et qu’il allait se donner à fond. J’espère que j’ai pas fait d’erreur. C’est vrai aussi que ses tarifs sont pas trop chers. Alors on va voir.  De toute façon, je vous préviens tout de suite : cette histoire avec Oeoue, c’est assez compliqué; on va pas trop couper les cheveux en quatre, parce qu’ils sont très fins et que c‘est pas la peine. Il faut un peu oublier les angles droits et les montres, sinon vous allez exploser.

Bon, voilà pour Jj. Comme ça c’est fait.

Posté par anozeurblog à 23:38 - L'histoire d'Oeoue - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 novembre 2008

Chapitre 1 : Qui c'est qui / elle

Oeoue avait les cheveux rouges, et c’était leur couleur naturelle.

Elle avait bien prévu d’aller à la fête au village, ce soir (fanfare, lampions, buvette, feux d'artifice, et même plus, quand les gens sages sont couchés ...). Mais elle avait tant de choses à faire d’ici là que dans sa tête c’était le bazar. C’était toujours un peu le bazar dans sa tête.
Simplement là, c’était beaucoup le bazar. Il faut dire aussi que dans la tête de Oeoue, le bazar se sentait bien. La proprio l’avait « à la bonne ». Elle l’appelait le bzr.
C’est lui qui peignait les cheveux en rouge par l’intérieur avant qu’ils poussent dehors. Il aimait bien parce qu’il aimait bien le rouge, parce qu’il aimait bien peindre, et parce qu’il aimait les cheveux très fins de Oeoue.
Mais parfois le bazar créait des situations compliquées où Oeoue se mettait trop en retard et devait faire trente six choses à la fois. Et là maintenant tout de suite, elle devait répéter son violon et dessiner ses chaussures pour ce soir (sauf si elle y allait pieds nus, ce que nous savons tous que ça finirait bien par arriver, mais à ce moment de l’après-midi, ça ne devait pas encore arriver).
Elle devait aussi penser à la lune (pour pas qu’elle se dégonfle), remettre de l’eau dans la rivière (promesse faite à grnll la grenouille), regarder pousser le caillou japonais, si longtemps attendus et enfin arrivé (trois heures par jour au minimum ! ouh là là quelle histoire…).

Et puis elle s’est dit qu’elle aimerait bien avoir un âne et un singe, mais elle ne savait pas pourquoi elle s’est dit ça. Et d’habitude elle ne se demande pas pourquoi elle dit des choses, mais là elle s’est aussi demandé pourquoi elle avait dit ça. Mais comme d’habitude elle ne se demande pas pourquoi elle dit des choses et que cette fois elle s’est demandé pourquoi elle a dit ça, alors elle s’est dit que c'était quelque chose d'important.
Mais en tout cas, même si elle ne comprenait pas pourquoi elle avait dit ça et pourquoi c'était important, c’est sûr, elle s’est dit « j’aimerais bien avoir un âne et un singe ».
Et ça personne ne l’a su sauf elle parce que quand on se dit des choses, on les dit pas vraiment. On les dit seulement dans sa tête.
Alors elle s’est aussi demandé pourquoi elle s’est demandé pourquoi elle avait dit ça si elle l’avait même pas dit.

Bref, la situation montait en pression. Le bazar n’aimait pas trop la pression. Il a rapidement conclu qu’il allait laisser Oeoue se débrouiller, et lui il irait se coucher.
D’ailleurs moi aussi parce que j’ai pas tout-tout compris.

Alors Oeoue a ouvert un nuage sur la rivière et oublié ses chaussures. C’était un bon début.

Posté par anozeurblog à 23:07 - L'histoire d'Oeoue - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 novembre 2008

Bleu

Dans le terrain vague.

Y'avait momo, y'avait paulo
et y'avait moi l'affreux jojo.

Et puis y'a eu cette lumière bleue
elle flottait a hauteur des yeux
elle est arrivée un soir
il faisait presque noir.

Après l'avoir caillassée
on s'est arrêté de brailler;
pour la r'garder on s'est assis autour
et p'tit à p'tit on s'est calmé.

On sentait qu'la lumière nous parlait
Et même qu'elle nous appelait,
comme la voix douce d'une maman
qui parle à son petit enfant.
C'était comme si on était beau,
comme si on était tout nouveau.

Quand j'ai dit qu'fallait rentrer,
qu'sinon on allait s'prendre une volée,
Momo a dit que ça f'sait rien;
mais des bleus il en était plein.

Il voulait plus décoller.
Vers nous il s'est r'tourné
c'était comme pour s'excuser
et pour la première fois j'l'ai vu pleurer.

Vers la lumière il a tendu la main
il l'a touchée, il a dit "j'viens"
il était flou et transparent.
C'est comme ça qu'il a foutu le camp.

Momo, personne l'a réclamé,
comme s'il avait jamais existé.
Moi j'crois qu'il avait plus la force:
pour faire le plein de carburant
il avait pas de p'tite maman.
La chaîne d'amour s'était brisée
Y r'cevait plus que des branlées.
Il a surement bien fait d'partir;
chez lui s'était d'plus en plus pire.

---

Tout ça c'était y a très longtemps.
Vaut mieux qu'j'y pense pas trop maint'nant.

Posté par anozeurblog à 23:37 - Jojo - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 novembre 2008

Froid

Il fait froid.
Pluie, neige sale, verglas,
nuage gris et vent d'hiver,
gargouillis dans les gouttières.

C'est mon cœur qui me l'a dit,
c'est mon cœur qui a froid.

Posté par anozeurblog à 09:16 - N'importe quoi - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



Page suivante »