05 mars 2010
Miss coco
Ils étaient assis, côte à côte.
Dernier voyage retour.
La reverra-t-il ? rien n'est moins sur.
Comment lui dire ?
Dire quoi ?
Les dernières minutes qu'il vit à coté d'elle.
C'est maintenant, et bientôt
ça n'existera plus.
Pour échapper aux autres,
proximité odieuse,
il prend un bout de papier
et écrit ses pauvres mots:
"Au revoir miss Coco"
Elle l'a vu écrire,
elle a lu ses mots.
Elle a posé sa main
sur son bras.
Elle a compris,
Elle a fermé les yeux.
Il n'a pas pu
retenir ces secondes.
---
Il se souvient d'elle.
Le jour où il l'a vu, la première fois.
Boulot boulot, ambiance pressée.
Que demande-t-elle ? Il ne comprenait pas bien.
Les minutes volées
à la machine à café.
Volées aux autres,
volées à elle aussi.
Il voudrait qu'ils prennent
un peu de temps pour eux.
Le jour où, en retard,
elle file prendre un taxi.
Il lui tend son manteau, ouvert,
qu'elle enfile en pivotant.
Son profil,
ses cheveux, sa fine tresse colorée,
elle est si proche,
presque contre lui.
Il inspire à fond
pour garder son parfum.
Elle s'en va.
Le dîner
qu'elle lui a accordé
au resto.
Il a pu dire ses sentiments
qu'elle avait deviné.
Il l'a raccompagnée à son hôtel.
Non, pas de baiser.
08 mars 2009
Epingle
Ca fait maintenant plus de 6 mois
qu'elle a carbonisé le coeur à jojo.
Il pourrait l'appeler,
mais comme il sait
qu'il n'y a rien à partager,
il ne faut pas
qu'il essaye de la revoir:
il devrait l'oublier.
D'ailleurs il l'oublie
- un peu -
mais c'est si long.
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C'est comme
un insecte
épinglé sur un carton;
ses pattes s'agitent
en mouvements dérisoires
et de plus en plus lents;
un insecte inutile
qui se débat
en silence.
On peut s'amuser
de voir souffrir
cet insecte.
On peut aussi penser
qu'il est ridicule.
On peut aussi
s'en détourner
et l'écraser sous sa chaussure.
17 novembre 2008
Bleu
Dans le terrain vague.
Y'avait momo, y'avait paulo
et y'avait moi l'affreux jojo.
Et puis y'a eu cette lumière bleue
elle flottait a hauteur des yeux
elle est arrivée un soir
il faisait presque noir.
Après l'avoir caillassée
on s'est arrêté de brailler;
pour la r'garder on s'est assis autour
et p'tit à p'tit on s'est calmé.
On sentait qu'la lumière nous parlait
Et même qu'elle nous appelait,
comme la voix douce d'une maman
qui parle à son petit enfant.
C'était comme si on était beau,
comme si on était tout nouveau.
Quand j'ai dit qu'fallait rentrer,
qu'sinon on allait s'prendre une volée,
Momo a dit que ça f'sait rien;
mais des bleus il en était plein.
Il voulait plus décoller.
Vers nous il s'est r'tourné
c'était comme pour s'excuser
et pour la première fois j'l'ai vu pleurer.
Vers la lumière il a tendu la main
il l'a touchée, il a dit "j'viens"
il était flou et transparent.
C'est comme ça qu'il a foutu le camp.
Momo, personne l'a réclamé,
comme s'il avait jamais existé.
Moi j'crois qu'il avait plus la force:
pour faire le plein de carburant
il avait pas de p'tite maman.
La chaîne d'amour s'était brisée
Y r'cevait plus que des branlées.
Il a surement bien fait d'partir;
chez lui s'était d'plus en plus pire.
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Tout ça c'était y a très longtemps.
Vaut mieux qu'j'y pense pas trop maint'nant.
01 novembre 2008
Froid
Il fait froid.
Pluie, neige sale, verglas,
nuage gris et vent d'hiver,
gargouillis dans les gouttières.
C'est mon cœur qui me l'a dit,
c'est mon cœur qui a froid.
26 octobre 2008
Hable con ella
Jojo existe peu,
il a peu de temps,
donc il faut pardonner
ses absences,
car quand il n'existe pas,
c'est pas sa faute.
Et quand il existe,
il faut lui pardonner aussi
car il préfère
marcher tout seul
dans le désert.
Il aime le sable sous ses pas
qui ne lui pose pas de question
et n'attend rien de lui.
Alors son cœur
bat moins vite,
il se calme,
et se repose.
Quand le soir vient,
il s'allonge sur le dos,
ouvre les yeux,
et voit les étoiles,
ou,
ferme les yeux,
et se souvient
d'une main
qui attrappait sa main.
Après il dort
et rêvera peut-être
de la vie;
mais pour ça,
il faudrait apprendre à dire oui,
apprendre l'amour aussi.
Et même s'il rêve
il restera toujours
les mains qu'il n'a pas attrapées,
et les mots qu'il n'a pas dit.
Après il fera froid
et dans ses doigts
il prendra du sable
et dans ses yeux
il prendra les étoiles.
Une à une il les enlèvera du ciel.
Grain à grain il enlèvera le sable.
Quand il ne restera rien
du désert et du ciel
le scorpion passera.
Je te connais
tu es mauvais.
Et parce que
l'éternité c'est trop long
sans elle
il choisira le néant.
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Jojo n'est pas artiste
il est autiste.
25 octobre 2008
La fourmie
Sur le plancher du métro,
une fourmi.
Un panard énorme la piétine.
Et puis...
après quelques secondes,
inattendu,
elle ressort par le coté
et poursuit son chemin
inutile.
Dans Jérusalem
une petite arabe
boiteuse
marche sur le trottoir
parallèle au bus.
---
Jojo se gratte la tête,
mais pour lui
le monde n'a pas de sens.
